« Nourrir sa vie ... »

Accueil > La Vie Heureuse > Avez-vous déjà embrasser un « Ikigai » ?

L’aventure commence à l’aurore

Avez-vous déjà embrasser un « Ikigai » ?

Vouloir Vivre

vendredi 21 février 2014, par Zénon

Ikigai (生き甲斐) : "joie de vivre" & "raison d’être" ou "la raison pour laquelle vous vous levez le matin" ( traduction plus hasardeuse )

Chacun, selon les Japonais, a un Ikigaï caché.

Sa révélation exige une recherche longue et profonde de soi-même. Une telle recherche est considérée comme étant très importante, puisqu’on pense que la découverte de son ikigai apporte longévité et vitalité ! (voir "La vie en bleue")

Approche de la notion IKIGAÏ

Extrait de "Le concept d’Ikigai 生きがい chez les Japonaises très âgées : ce qui motive la vente directe des produits de leurs fermes" de Hiroko AMEMIYA
CRCJR, Centre de Recherches sur la Culture Japonaise de Rennes, Université de Rennes 2- Haute Bretagne

Beaucoup de travailleurs expriment leur motivation par le terme Ikigai 生きがい. Ikigai 生きがい est défini comme une orientation pour trouver le sens ou la valeur dans la vie en se rapprochant d’un objectif spécifique qui peut avoir une signification subjective. Ikigai 生きがい donne le sens à la vie de chacun. C’est un état d’épanouissement personnel mais ce sentiment dépend de la relation avec l’environnement et avec les autres personnes qui l’entourent.
Mieko Kamiya, psychanalyste, qui a surtout étudié le concept d’ Ikigai生きがい dans le milieu hospitalier (de patients atteints de la maladie de Hansen) dit : « Rien n’est plus important que Ikigai生きがい pour que l’homme puisse vivre pleinement… mais le sentiment d’ Ikigai生きがい est purement personnel et diversifié si bien que l’ Ikigai d’une personne ne sera pas celui d’une autre personne. » .
Le mot Ikigai (生きることに意義を見出して感じる張り合い ) est un sentiment plus émotionnel que rationnel. La traduction en d’autres langues cause des difficultés faute
d’équivalent. Des termes tels que « la raison d’être », « la raison de vivre » ou « la raison d’existence », sont des traductions qui reflètent une dimension logique et rationnelle alors que c’est un sentiment spontané et irrationnel. De la même manière le terme de Haria i張り合い, ne peut être traduit en français pour la même raison.
Kamiya pense que les termes Ikigai 生きがい et Haria i張り合い expriment bien l’aspect irrationnel intuitif de la pensée japonaise et pour 張り合い Hariai, Kamiya relève le besoin de la sensation relationnelle que les Japonais éprouvent dans la réciprocité avec l’univers qui les entoure Autrement dit, les Japonais sont un peuple d’interdépendants qui ne peuvent vivre sans réaction communicative avec autrui. Votre Ikigai 生きがい peut être exalté grâce à la réaction des autres.
Le concept d’Ikigai 生きがい a une importance primordiale chez les personnes âgées qui perdent de plus en plus de leurs capacités.

Un signe qui ne trompe pas lorsqu’on à trouvé son Ikigai est la facilité qu’on éprouve pour sauter du lit le matin et pour se reposer après une journée bien remplie.

L’enfant que je fus a bien essayé de croire que ce serai "l’ami Ricoré" qui provoquerai ce désir pour entamer sa journée. Mais le consumérisme n’a pas, chez moi, tenu ces promesses...

Adolescent, j’ai découvert le personnage sociale qui nous sert de masque ainsi que "le coté obscur de la force". Progressivement j’ai découvert la vitalité qui nait de la conjonction des opposés.

J’ai alors essayé de forcer le "vouloir vivre", le "goût d’exister", coaché par la poésie et l’énergie de Jaques Brel :“L’aventure commence à l’aurore, ...”. L’élan fougueux a tenu... un temps.

Je me suis alors tourné vers la philosophie. Et c’est chez les Stoïciens et Marc JPEGAurèle en particulier que j’ai trouvé des raisons pour ne pas paresser. Une volonté issue de réflexions intellectuelles sur le sens des devoir humains [1]


Le matin, quand il te coûte de te réveiller, aie cette pensée sous la main : c’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille.
Marc Aurèle, Pensées, (livre 5), 1

Mais j’ai découvert que le désir pour le sens du devoir peut s’absenter, parfois longtemps... Alors au mieux on se re-roule en boule, papate en rond sous la couette ! Ou on se traine, bien obligé...

De mes cours de grec en seconde je n’ai pas retenu grand chose :
Un alphabet différend, un prof qui buvait une bière en nous lisant le passage scabreux au sujet de la grève du sexe dans le « Lysistrata » d’Aristophane et surtout le « Gnothi seauton » (Γνῶθι σεαυτόν), le « Connais-toi toi-même », le plus ancien des trois préceptes gravés à l’entrée du temple de Delphes.

Ici le chemin Grec rejoint celui du Japon Shintoïste, car « se connaitre (un peu) soi-même » est nécessaire pour découvrir, son Ikigaï  ! Savoir faire la différence entre les allées et venues du repos et de la volonté et le "vouloir vivre" qui s’éloigne ...

Parfois, trouver son Ikigaï c’est plus simple :


[1Tout comme ses maîtres stoïciens, Marc-Aurèle estime que pour vivre heureux il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde. La seule question qui importe est la suivante : quelle est la vocation de l’être humain ? En d’autres termes : qu’est-ce qui peut donner sens et valeur à l’existence humaine ?

« Le matin, quand tu as peine à te réveiller, que ceci soit présent à ton esprit : je m’éveille pour un travail d’homme. Suis-je donc encore de mauvaise humeur, si je vais faire ce pour quoi je suis né et en vue de quoi j’ai été mis au monde ? Ou bien suis-je fait pour me réchauffer, couché sous des couvertures ? « Mais c’est plus agréable ». Tu es donc né pour le plaisir, et en général pour la passivité, et non l’activité ? Ne vois-tu pas les plantes, les moineaux, les fourmis, les araignées, les abeilles qui font leur tâche propre, et qui contribuent pour leur part à l’ordonnancement du monde ? Alors toi, tu ne veux pas faire œuvre humaine ? Tu ne cours pas vers la tâche conforme à ta nature ? « Mais il faut aussi se reposer ». Il le faut ; moi aussi je le dis. Mais la nature a donné des bornes aussi à cela, elle en a donné pour le boire et le manger, et pourtant toi tu dépasses les bornes, tu vas au-delà du suffisant ; mais non plus dans les actions : là tu restes en-deçà du possible. En effet tu ne t’aimes pas toi-même, sinon tu aimerais ta nature et sa volonté[1]. Les autres, aimant leur métier, s’épuisent dans les travaux qui les concernent, sans se laver ni manger ; toi, tu honores moins ta propre nature que le ciseleur sa ciselure, le danseur sa danse, l’avare son argent et le vantard sa petite gloire ? Eux, lorsqu’ils sont pris par leur passion, ils ne veulent ni manger ni dormir, mais plutôt accroître les biens pour lesquels ils font des efforts. Et à toi, les actions utiles à la communauté te semblent inférieures, et dignes de moins de zèle ? »

Marc Aurèle(121-180 ap JC)
Pensées pour moi-même
Traduction Mario Meunier
Garnier -Flammarion 1964