« Nourrir sa vie ... »

Accueil > Pratiques Médicales > Statine or not Statine...

Entretien de la Vie

Statine or not Statine...

That’s the question ?

lundi 21 avril 2014, par Zénon

Faut-il se préoccuper du Cholestérol, prescrire des statines, pour améliorer la vitalité et la longévité humaine ?

D’un coté Michel de Lorgeril, chercheur au C.N.R.S. - 152 publication référencées dans Medline dont beaucoup à IF élevées
(ici sa bio scientifique, son site ; une vidéo synthétique sur ses thèses à propos des statines).

De l’autre des lobbyistes, et des visiteurs médicaux dont le pédigrée scientifique est beaucoup plus léger (exemple dans le nouvel obs) et qui pratiques le conflit d’intérêt (le marché mondiale des statines c’est 60 milliards de dollars par an)

Au centre un cardiologue blogueur que j’estime et dont je suis les conseils lorsque je ne prends pas le temps de me faire un avis personnel. (ici sa synthèse sur la controverse) .
L’article toujours très clair de Dominique Dupagne : La saga du cholestérol
Et surtout l’immense travail d’un confrère : Philippe Nicod.

Et, à la fin, je n’ai pas de réponse scientifiquement irréfutable à proposer.

Je ne suis pas le seul dans ce cas :

Deux professeurs de Pharmacologie sur le site du monde n’ont pas vraiment un avis beaucoup plus tranché, hors je rappelle que la sécurité sociale dépense 1,3 milliards d’euros par an pour cette réponse thérapeutique...

D’autre part, de nombreuses autres dimensions doivent par ailleurs être prise en compte. Comment les patients vivent-ils le fait d’être coincés dans une controverse "statine or not statine", entre leur médecin de famille et ses ’"éminents" confrères spécialistes (voir cet exemple) ?

En pratique, je pense que le devoir du médecin est surtout d’aider les patients à se protéger des modes de vie délétères (C.f. les zones bleues)...

C’est un peu court ?

Alors voici mon... humeur sur ce sujet, posté comme commentaire sur le site du Dr Jean-Marie Vailloud

J’observe depuis des années les débats médicaux autour de la

"monoculture de la réponse pharmacologique".

Une comparaison s’impose, celle des débats théologiques du XV et XVI éme siècle
(c.f. "L’éloge de la folie" d’Érasme).

Une statistique, aujourd’hui, est coupée en quatre comme, en ces temps, les docteurs de la foi, "grands juges en subtilités" débattaient des zygomatiques du Christ.

"De telles sottises et mille autres semblables leur bourrent et farcissent le cerveau au point que celui de Jupiter était moins surchargé, lorsqu’il implora la hache de Vulcain pour accoucher de Pallas. Ne vous étonnez donc pas de les voir, aux jours de controverses publiques, la tête si serrée dans leur bonnet, puisque sans cela elle sauterait en éclats."

De plus en plus de témoins contemporain de l’hypocrisie des prélats de la sciences et des vices du clergé médicale apparaissent sur la toile.
On peut commencer à percevoir le murmure de la réforme en marche : revenir à l’exégèse scientifique.

Réforme interne sur le Blog de Grangeblanche ; Schisme pour M. de Lorgeril...

L’art du médecin n’est-il pas de devenir plus habile que d’autres à l’entretien de la vie humaine ?

Est-ce ces débats sur le Khi2 de telle ou telle étude qui nous aideront à nous rapprocher de la longévité et de la vitalité des habitants des zones bleues ?

Ma réponse est OUI !

Mais seulement à deux conditions :

  1. Si nous acceptons de sortir du cadre ou nous nous sommes laissé engluer : le paradigme de la monoculture de la seule réponse pharmacologique.
  2. Si nous dépassons le biais cognitif qui consiste à penser la Vie avec une seule de nos facultés cognitives : La logique rationnelle. (cf. « Philosophie du vivre » de F. Jullien)

Le médecin doit s’entrainer à produire des connaissances complexes (bon là je met un lien vers ma thèse ^ ^) ou rationalités, sentiments, sensations et intuitions – ces cognitions dont la vie s’est pourvue pour son entretien – pourront, ensemble, être créatrice de savoirs ...

Mais c’est folie dans ce XVIème siècle de la science de déjà annoncer son heure Nietzschéenne à venir car :

"Comme il est d’une suprême sottise d’exprimer une vérité intempestive, il est de la dernière maladresse d’être sage à contretemps."
L’Éloge de la folie (1508) - Érasme


Pour les internes de médecine, scientifiques et vraiment Médecin, comment s’installer lorsque le paradigme et son organisation font que pendant quarante ans, le médecin se retrouvera coincé dans la monoculture de la seul réponse pharmacologique ?

Prescrire, prescrire, prescrire au bénéfice de qui ?
Prescriptions favorables à la vitalité et à la longévité des patients qui lui auront fait confiance et auront assuré son train de vie ?
Prescriptions qui enrichiront les patriciens qui investissent dans le poison et le remède ?