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Une éthique de la Vitalité

jeudi 5 mai 2016, par Zénon

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D’un coté, exister, être en vie, de l’autre, « entrer dans la mort », être décédé, voilà une séparation que je reconnais.
Cette séparation est le postulat d’une éthique de la Vitalité.

Quelle est « le compas intérieur » qui guide mes choix, m’oriente et fait le chemin de ma vie ?

Est-ce surtout, le conformisme collectif ? Mes cognitions instinctives ? Ou l’utilisation du « libre arbitre » d’un primate équipé de faculté d’abstraction et de conscience ?

Lorsque j’ai désiré devenir « le maître de mon destin », « le capitaine de mon âme », les travaux - œuvres - théoriques qui m’ont le plus inspirées sont celles de Baruch Spinoza et de sa proposition d’une éthique de la joie ; ainsi que la philosophie Taoiste, explorée, par exemple, grâce à François Jullien [1].

Pour ma part, depuis mon adolescence et jusqu’à ce jour, j’ai choisi comme « boussole interne » le substantif : Vitalité.
En effet, avec les Taoïstes, je n’opposerai pas la joie à la tristesse - ni à aucun autre affect : colère, peur, angoisse... Je les considère juste comme des « périodes météorologiques » internes, dont la présence, le rythme, est le gage, ou non, d’un climat propice à l’entretien d’une belle vie. Et si le cœur nous en dit, nous pouvons voyager et nous installer sous la latitudes que nous aimons.

Une éthique de la Vie serait aussi envisageable. Mais, je ne suis pas assez altruiste pour ce point de vue : car la mort et la souffrance d’un individu peut être favorable à l’espèce et au Bios. Et, je ne me sens pas prêt pour un tel sacrifice. J’espère, seulement, qu’une vie longue et heureuse pourra être, un peu, favorable au(x) vivant(s).

Alors, quelles conséquences pour qui accepte le postulat d’une éthique basé sur « le rasoir », « la ligne de crête » de la vitalité ?

Aussitôt, dans la vie quotidienne, incarnée, un travail de tri commence : découvrir et organiser ce qui semble plutôt favorable ou défavorable à sa vitalité, à ce moment.

Je ne m’occuperait ici que de l’aspect immanent de l’éthique de la vitalité.

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Car dans le monde transcendant des idées, je crains que l’énoncé premier et ultime soit celui des spéculations sur l’au delà des limites de notre cognition. Sur « le mystère », sur « l’inconnaissable », qui, par exemple, amène un Lao Tseu à énoncer qu’ « Être et non-Être ne sont qu’un à l’origine »...

Suivre les implications de n’importe quel moment de la vie et vivre l’instant présent, voici le cadre des réflexions, des désirs, des stratégies, des oppositions, des contemplations, des actions et des méditations pour trier, engranger le favorable et le défavorable à la Vitalité. Voici mon chemin !

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[1qui à récemment à publié « Vivre en existant. Une nouvelle Éthique » - Gallimard, 2016 par François Jullien